Voyage dans le Parc Provincial Woodland Caribou

Une tente montée repose dans la forêt près d'un lac.

Si je devais choisir un seul mot pour décrire le parc provincial Woodland Caribou, ce serait « extrême ». Lieu extrême. Conditions météorologiques extrêmes. Solitude extrême. Pêche extrême. Beauté extrême. Nature... extrême.

Une aventure de huit jours de pêche en canot dans les eaux sauvages du parc provincial Woodland Caribou  

D’abord, nous devions y parvenir 

Combien de fois, au fil des ans, ai-je entendu des voyageurs s’exclamer que la rive nord du lac Supérieur était l’un des plus beaux endroits et l’une des routes les plus pittoresques du monde? Je suis d’accord. Faire les 16 heures de route vers le nord, de chez moi dans le sud de l’Ontario jusqu’à Thunder Bay, est une expérience transformatrice. Bien sûr, le territoire lui-même se transforme, passant de la forêt mixte relativement plate et du paysage intensivement peuplé du sud à la vaste forêt boréale relativement peu développée du nord, un territoire dominé par les arbres, les rivières et les lacs, dont le plus grand est le lac Supérieur. Mais c’est en moi-même que je ressens le plus cette transformation. Je laisse les carcans de la société à la maison. 

C’est ici, à Thunder Bay, la « porte de l’aventure », que l’amateur de plein air, l’aventurier en moi, remonte à la surface. Le parc provincial Woodland Caribou, notre destination, n’est qu’à six heures d’ici, et même si je serais heureux de passer plus de temps à explorer la terre du Sleeping Giant, j’ai hâte de commencer notre excursion en canot plus au nord. 

Je rêve d’une telle aventure depuis des décennies, et même lorsque nous arrivons à Red Lake, j’ai toujours peur que quelque chose se produise à la dernière minute pour annuler ou reporter notre voyage. Mais lorsque je rencontre mon guide local, toutes mes craintes disparaissent. Ses yeux s’illuminent lorsque nous discutons des itinéraires que nous avons choisis et de ce à quoi nous devons nous attendre pendant le voyage. Je peux dire qu’il est enthousiaste pour nous et qu’il aime sincèrement faire part de ses connaissances sur le parc. 

Notre aventure commence par un vol à bord d’un hydravion DeHavilland Beaver. 

Nous descendons de l’hydravion sur le quai du magnifique écogîte Olive Lake Eco-Lodge, à l’extrémité nord du parc. Nous avons réussi. Nous y sommes. 

Vingt-quatre heures après avoir quitté le lac Olive à la pagaie, je suis assis tranquillement sur la rive du lac Linge à regarder le soleil se lever et la forêt s’éveiller. Je me rappelle les événements impressionnants de la veille et le mot « extrême » monopolise mes pensées. Ce n’est que le matin du deuxième jour, mais nous avons déjà fait l’expérience de conditions météorologiques extrêmes, d’une beauté extrême, d’une faune extrême et d’une pêche extrême. Je ne peux qu’imaginer ce que les jours à venir nous réservent. 

Lever de soleil sur le lac Linge 

Je repense au vol et à mon émerveillement devant l’immensité de la forêt boréale en contrebas. On aurait dit qu’elle ne s’arrêtait jamais. En fait, elle couvre une superficie de 50 millions d’hectares et contient les deux tiers des forêts de l’Ontario.  

Mais maintenant, alors que je pagaie au cœur de la forêt boréale, ce sont les petites choses qui m’impressionnent. L’églantine qui jaillit des sols peu profonds à la suite d’un incendie de forêt, les minuscules têtards qui nagent loin de moi lorsque je passe à la pagaie, les petits oursons qui grimpent sur l’arbre pendant que leur mère les observe à travers l’épais sous-bois, le petit orignal qui nage vers nous, nous prenant temporairement pour sa mère, et les nuages vaporeux qui s’amoncellent lentement à l’horizon. 

Guidés par le vent et la météo 

Ce sont les petites choses qui attirent mon attention, mais c’est l’accumulation de ces petites choses qui contribuent à la nature extrême que l’on trouve ici dans la forêt boréale. Le rosier n’est qu’une des millions de plantes résilientes qui forment une jungle basse, mais impénétrable, les minuscules têtards nourrissent les vairons qui sont la proie des gros brochets affamés, des dorés jaunes et des truites de lac, le jeune orignal devient l’énorme mâle qui s’éloigne en faisant un bruit de tonnerre alors que nous avons failli le percuter à un tournant de la rivière, et les nuages s’accumulent jusqu’à devenir un orage massif et destructeur qui abat des arbres, allume des feux de forêt et nous couvre d’une pluie froide et dure. 

Pendant les premiers jours, nous avons profité de la chaleur du soleil et maudit le vent incessant qui semblait toujours être dans nos visages. Mais lorsque le vent passe à l’est aujourd’hui, je sais que le temps va se dégrader et nous modifions notre itinéraire de canot en conséquence. Nous avons raison. En se réfugiant à l’abri de la première tempête qui nous frappe, nous nous préparons au pire et espérons des jours meilleurs. Nous passons une nuit agitée, perchés sur un rocher nu au bord de la rivière Bloodvein, à attendre que la tempête se calme. 

Le lendemain, à peine découragés par le mauvais temps qui semble s’être installé pour de bon, nous mettons nos canots à l’eau et nous pagayons vers le sud face au vent. Essayer de naviguer sur les sentiers de portage rarement utilisés à travers les forêts ravagées par le feu se révèle difficile, et la transpiration et les précipitations font des ravages. 

En début de soirée, nous en avons assez de la grisaille, et nous cherchons un emplacement de camping, convaincus de trouver quelque chose de plus accueillant que le camping de la veille. Une minuscule île verte apparaît devant nous, et je plaisante en disant qu’il doit s’agir d’un mirage, d’une oasis luxuriante cachée au milieu du paysage brûlé qui nous a consumés ces 24 dernières heures. 

Le lendemain matin, nous avalons notre déjeuner et partons tôt sur le lac. Notre destination du jour est à 30 km au sud de nous, à travers plusieurs lacs et portages non répertoriés. La pluie continue, mais les petits lacs offrent un répit bienvenu contre le vent et nous avançons bien. En traversant un petit lac à la pagaie, nous sortons enfin de la zone de brûlis et nous nous retrouvons soudainement entourés d’une magnifique forêt boréale ancienne, avec des conifères denses et des tapis de lichens, de mousses et de thé du Labrador.  

La pluie incessante d’aujourd’hui, la difficulté de naviguer sur les sentiers de portage glissants et les nombreux arbres tombés ont littéralement refroidi notre moral. Cette journée est marquée par une gamme d’émotions extrêmes. Les moments de faiblesse lors de portages particulièrement pénibles sont rapidement remplacés par l’exaltation d’un beau moment. Heureusement, ces moments sont fréquents. 

Nous sortons nos cannes à pêche pour la première fois aujourd’hui et nous attrapons un brochet pour notre seul repas de midi sur le rivage de la semaine. La chaleur du feu est aussi nourrissante que le poisson. Nous continuons à avancer, impatients d’atteindre un lac particulier qui, selon la rumeur, abrite des truites de lac, une espèce de poisson qui nous a échappé jusqu’à présent au cours de cette excursion. En fait, il y a eu beaucoup de premières cette semaine, pour nous deux : le premier et le plus gros doré jaune, le plus gros brochet, le premier ours qui nage, le premier campement à la suite d’un incendie de forêt, le premier vol dans un hydravion Beaver... la liste est longue. L’ironie de pagayer dans le lac Constellation dans mon canot Northstar Polaris nous portera sûrement chance! 

L’emplacement de camping du lac Constellation est fantastique, et nous nous y installons. 

Avec les journées extrêmement longues de juin à cette latitude septentrionale, nous profitons de la soirée calme pour pagayer autour du lac après le dîner, cherchant des truites, mais attrapant plutôt des grands brochets. Peut-être que demain sera le jour de la truite. 

La réalité du dernier jour complet de l’excursion s’impose alors que nous nous éloignons de notre campement en pagayant. Un court portage autour d’une chute d’eau nous sépare du lac sur lequel nous serons pris en charge par des hydravions demain. C’est à ce moment-là que je me détends, que j’examine ce que j’ai fait jusqu’à aujourd’hui, que j’accepte ce que je peux ou ne peux pas accomplir au cours de cette excursion et que je me contente de ralentir et d’apprécier le moment présent. Le calme. Jusqu’à ce que les truites de lac touchent mon appât, bien sûr. 

Dès que je vois ce qui a mordu, je sais que ce sera le meilleur jour du voyage. Plusieurs autres truites suivent. Nous sommes tous les deux ravis, et la pagaie et le portage jusqu’à notre emplacement de camping final sur le lac Royd passent à toute vitesse dans l’attente du festin imminent de truite. 

Truite de lac 

Nous passons le reste de la journée à cuisiner, à manger et à nous remémorer les souvenirs autour du feu de camp, en convenant que c’était le voyage d’une vie, toutes les attentes ayant été satisfaites. Mais, comme d’habitude, les rêves et les plans se forment déjà à l’heure où nous parlons, et nous sortons les cartes pour commencer à planifier le prochain voyage vers les lacs que nous n’avons pas atteints, les sites que nous n’avons pas vus et les poissons que nous n’avons pas attrapés. Alors que le ciel s’assombrit et que la pluie fine s’intensifie en une averse régulière, nous éteignons notre dernier feu, rangeons notre matériel et nous glissons à contrecœur dans nos tentes pour la dernière nuit dans le parc provincial Woodland Caribou.  

Nous dormons bien. 

Planifiez votre voyage  

Pour planifier et réserver votre propre aventure extrême dans le parc provincial Woodland Caribou, communiquez avec Goldseekers Canoe Outfitting and Wilderness Expeditions.  

Ressources de voyage  

Si vous ne voulez pas conduire, vous pouvez prendre un vol pour Thunder Bay avec Porter Airlines, puis pour Red Lake avec Bearskin Airlines.
 

Mis à jour : 2 novembre 2021

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